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Full text of "Discours du Très Honorable Sir Charles Fitzpatrick ... juge en chef du Canada, à l'occasion de la pose de la pierre angulaire du monument Cartier, Montréal, 2 septembre, 1913 [microforme]"

CIHM 


ICIVIH 


Microfiche 


Collection de 


Séries 


microfiches 


(l\/lonographs) 


(monographies) 




Canadian InstitcM for Historical Mlcroraproductiont / Institut canadian d* microraproductions historiquaa 






i 



TQchnical and Bibliographie Notes / Notes teclinlque et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the liest original 
copy available for filming. Features of this copy which 
may be bibliographically unique, which may alter anv of 
the (mages in the reproduction, or which may 
significantly change ihe usual method of filming are 
chected below. 

F/j Coloured covers / 
' — ' Couverture de couleur 

j 1 Covers damaged / 

' — ' Couverture endommagée 

I I Covers restored and/or laminated / 
'— — Couverture restaurée et/ou pelliculée 

I I CovertiHemlssIng/ Le titre de couverture manque 

I I Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

FTI Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
'-^ Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

I I Coloured plates and/or illustrations / 



D 
D 
D 



D 



PlarKhes et/ou illustrations en couleur 

Bound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

TIght binding may cause shadows or distoition 
along interior margin / La reliure serrée peut 
causer de l'ombre ou de la distorsion le long de 
la marge intérieure. 

Blank leaves added during restorations may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve 
lïeen omitted from filmlRg / Il se peut que certaines 
pages blanches ajoutées kirs d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, kxsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-titre uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modifications dans la méth- 
ode normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 

I I Coloured pages / Pages de couleur 

I I Pages damaged / Pages endommagées 

I I Pages restored and/or laminated / 
' — ' Pages restaurées et/ou pelliculées 

r^ Pages discoloured, stained or foxed / 
' — ' Pages décotorées, tachetées ou piquées 

I I Pages detached/ Pages détachées 

r^ Showthrough / Transparence 

I I Quality ol print varies / 

' — ' Qualité inégale de l'impression 

I I Indudes supplementary material / 
' — ' Comprend du matériel supplémentaire 

I I Pages wholly or partially obscured by errata 
' — ' slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image / Les pages 
totalement ou pahtellement obscurcies par un 
feuillet d'errata, une pelure, etc.. ont été filmées 
à nouveau de façon à obtenir la meilleure 
image possible. 

I I Opposing pages with varying colouration or 
' — ' discolourations are filmed twice to ensure the 
best possible image / Les pages s'opposant 
ayant des colorations variables ou des décol- 
orations sont filmées deux fois afin d'obtenir la 
meilleur image possible. 



D 



Addtional comments / 
Commentaiies suppiémentaires: 



This tttm is filmad at the réduction ratio chtcktd below/ 

Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 



lOX 








14X 








1«X 








ax 








26X 








XX 






D 
















J. 




























n 



24 X 



Th* eopY filmad har* ha* b««n raproduead thanki 
to tha ganaroaity of : 

NatlofM) bllery of Canada, 
Ubrary 



Tha imagat appaaring hara ara tha bait quality 
potiibla contidaring tha condition and lagibility 
of tha originai eopy and in kaaping with tha 
filming eontract apacificationa. 



Original copiaa in printad papar eovara aia fllmad 
baginning with tha front covar and anding on 
tha laat paga with a printad or illuatratad impraa- 
(ion, or tha back covar whan appropriata. AH 
othar original copiaa ara fllmad baginning on tha 
f Irat paga with a printad or illuatratad impraa- 
aion, and anding on tha laat paga «with a printad 
or illuatratad impraaaion. 



Tha laat racordad frama on aach microficha 
shall contain tha aymbol —^ Imaaning "CON- 
TINUEO"). or tha symbol y Imaaning "END"), 
whichavar appliaa, 

Mapa, piataa, cham, atc, may ba fllmad at 
diffarant raduction ratioa. Thoaa too larga to ba 
antiraly includad in ona axpoaura ara fllmad 
baginning in tha uppar lafl hand eornar, laft to 
right and top to bottom. aa many framaa aa 
raquirad. Tha following diagrama illuatrata tha 
mathod: 



1 2 3 



1 2 

4 5 



L'axamplair* filmé fut reproduit gric* è la 
génirofité da: 

Musée de> Buiix-Arts du Ctnëà», 
BibliotM<|ua 



Ln imagat lulvantaa ont été raproduitat avac la 
plu* grand soin, compta tanu da la condition at 
da la nanaté da l'axamplaira filmé, at an 
conformité avac laa conditlona du contrat da 
filmaga. 

Laa axamplairaa originaux dont la couvanura an 
papiar aat impriméa sont filmé* an commançant 
par la pramiar plat at an terminant aoit par la 
darniéra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'illuatratlon, aoit par la lacond 
plat, aalon la caa. Toua laa autraa axamplairaa 
originaux aont filméa an commançant par la 
pramiéra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'illuatratlon at an terminant par 
la darniéra paga qui comporta una telle 
amprainta. 

Un doa aymbolaa auivanta apparaîtra iur la 
dernière image de chaque microfiche, selon le 
cea: la symbole -^ aignifia "A SUIVRE", la 
aymbola ▼ aignifia "FIN". 

Laa cartaa, planches, tableaux, etc., peuvent être 
filméa é dea Uux da réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé é partir 
da l'angle aupériaur gauche, de gauche é droite, 
at da haut an baa, an prenant la nombre 
d'imagea nécaaaaira. Laa diagrammea suivants 
lltuatrant la méthode. 




2 


3 


5 


6 



MiaOCOW RBMUTION TEST CHART 

(ANSI and ISO TEST CHART No. 2) 




^ÂILi 



A APPLIED IIVHGE Inc 

^^^ 1653 East Main Street 

^S Rochester, New York 14609 USA 

^^a (7 6) *82 - 0300 - Phone 

^=- (7T6) 288 - 5989 - Fox 



DISCOURS 

DV 

TRES HONORABLE 

Sir Charles Filzpatrick 

C.P..G.C.M.G. 
Juge at chef du Canada 



à l'occasion de la 
pose de la pierre 
angulaire du 



MONUMENT 
CARTIER 

MONTREAL 
j ieplembre IÇI3. 



Le Centenaire Cartier 



/.(• (feux s('i)lrml)ri' dentier, avait 
lieu, an pied du Mnnl-Poiiul. en 
présenee dune l'ffluene. considéra- 
ble, la pose de a pierre unouluirc 
du mnuumenl, que Ut nroniiuissan 
ce du peu/lie eunt.diew élèvera bien- 
lot il la ittèittoire de sir Oeonjes- 
Hlieune Cartier. 

La nr< .lence, à la cérémonie, de 
qiiel<iurs-unes des (jrandes person- 
nalités du monde politique cana- 
dien et américain, donna à cet évé- 
nement un cachet spécial, car, pour 
la première fois, peitt-ètre dans 
l'histoire de notre pans, on a vti un 
ancien président de la répnbliqiie 
ainéricahie venir se joindre aux re- 
présentants de l'autorité civile et re- 
liflieu.ie de ce pans, pour manifes- 
ter son admiration envers l'un des 
qrands hommes d'Etat du Domi- 
nion . . ... 

Sir Charles Ftizpatnck, adtmnis- 
tratcur du Dominion, en l'absence 
d'- Son .MIesse Roi/ale le Duc de 
Connaught, pouvernear-néneral du 
Canada, avait bien voulu présider 
lui même l'impressionnante et pa- 
triotique cérémonie. 

A part r-iir de sir Charles hitz- 
palricl; et de .V. William fl. Tafl. 
ancien présidei.t des Efals-Unis. des 
discours furent prononcés . n ee'ie 
circonstance, nn'- V. F.. 11 ^jj''"' 
neuve, pyésiitent du Coi^i'te du Cep- 
tennir" Cartier. ". ^.-1 J.nvn'lre. 
maire de Mon'réal. le Très Uonorn- 
bl" R.-t. Porrten. oremier min'^lre 
du Dominion Sa Grandeur Mpr Bra- 

PAGE 1 



chési. urchei't'niie ite Montréal, l ha- 
iwrahlr KoJoti.lif l.,mi.ux. fx-ini- 
nisire iltn /'o.«/,s. .1/ Cuiiznivc De- 
saiilnierii, iirvmtlriil ili l'Alliance 
françaisi: fl M. J- ». HosUr. pri- 
siilcnl (la Consi'il de» Mviieri el au 
TratHiil. 

Le (thconrs qac pioann^a en 
français sir Charles Hlzimlrick est 
lane des plas belles alloculh>ns 
qu'il ail prononcées dans sa loni/ae 
carrière, el fui l objet d'ovations ré- 
pèlées. 

Le discours de sir Charles l'ilz- 
pairick est une étude résumée de 
la l'ie politique et sociale de Car- 
tier. Sir Charles nous fit voir tout 
d'abord Cartier à ses débuts dans 
la vie politique puis il analusn 
brièvement l'oeuvre de Cartier, père 
de la Confédération, el les grandes 
mesures adminisiralives de notre 
illustre compatriote. , 

Le Comité du Centenaire Cartier 
a cru devoir donner le plus de pu- 
blicité possible au discours-étude 
de sir Charles Fitzpnirick: parce 
que la haute autorité de Voraleiir 
donne à cette admirable analiise de 
la vie de Cartier un caractère tout 
spécial. . ,,1 , 

L'éloge de Cartier par sir Charles 
Fitzpalrick est une auréole de plus 
à la nloire de celui dont sir Charles 
Tupper. le dernier survivant des Hè- 
res de la Confédération, a pu dire 
que "sans lui, nous n'aurions pas eu 
de Confédération". 

LE COMITE DV CEXTEXAWE. 



l'AC.F. 2 



Le Dacoufi ù Sir Charles 
Filzpatrick 

L'histoire, -t-on dit, est -.a résur- 
rection du passé", et je ne puis vrai- 
ment pas lui dénier ce pouvoir mira^ 
culeux en présence de ce socle ou doit 
rp -vre «n pleine immorU.ite S)ir 
G fges-Etienne Cartier. 

En érigeant ce monument, vous 
voulez tracer une page de notre his- 
toire nationale; mais au 1 îu de le 
crire sur une feuille volante et la ré- 
server & quelQ es rares intelligences, 
vous avez rés i de la graver dans le 
marbre et d l'étaler aux .ye;jx,.de 
tous, pour que le plus petit put la .ire, 
pour que l'étranger, r. '.a recherche 
d'une nouvelle patrie, pût, en une vi- 
sion rapide, apprendre ce ue nous 
avons été et chez qui il pv- son es- 
pérance et son amour. 

Pour cela, MM. du Comité, vous 
êtes allés trouver un de ces beaux 
talents qui savent écrire daas le mar 
bre et dans le bronze; avec lui, vous 
vous êtes pieusement agenouilles de- 
vant une tombe, vous avez soulevé le 
linceuil, secoué la poussière, redresse 
les ossements et évoqué l'âme du dé- 
funt, et vous avez dit à l'homme qui 
immortalise le passé: "C'est ici la 
tombe de Georges-Etienne Cartier, 
Canadien de race, qui a su résumer 
dans son admirable sens politique, un 
des plus beaux mouvements de la vie 
nationale de notre pays; étudiez-le, 
idéalisez-le, incarnez-le, de nouveau 

V\c,r. 3 



pour qu'il soit le ferment qui soulève 
les masses en nobles aspirations et la 
lumière qui éclaire ceux mêmes qui 
doivent aux auties, clarté, conseil et 
vertu." 

UN PEUPLE QUI SE SOUVIENT 

Au nom de la Puissance du Canada, 
je vous remercie, MM. du Comité, de 
cette généreuse et féconde initiative. 
Si Son Altesse Royale, le Duc de 
Connaught, n'était pas retenu au 
loin par d'impérieux devoirs, c'est 
lui qui vous eût complimentés aujour- 
d'hui, et Dieu sait avec quelle joie et 
quel empressement! — Cav si rien de 
tout ce qui se passe de grand dans 
"l'Empire où ne se couche pas le so- 
leil" ne saurait le laisser indifférent, 
il a pourtant des préférences mani- 
festes pour cette "fille aînée de l'Em- 
pire", le Canada, dont il dirige avec 
sagesse et un tact infini '.es hautes 
destinées. 

Il vous eût félicités vous tous, qui 
couvrez ce piédestal de respect et de 
fleurs, d'être un peuple "qui se sou- 
vient" et qui met en marge de ses 
annales la reconnaissance et '.a fidé 
lité. 

LE CULTE DU SOUVENIR 

11 est bon, Messieurs, que '.es peu- 
ples se souviennent de leurs gloires 
comme de leurs revers ; ils prennent 
ainsi une trempe qui leur donne la 
dureté et l'élasticité de l'acier et en 
fait de beaux athlètes dans les con- 
currences vitales et mondiales. 

Pour un peuple qui veut vivre 
"splendidement", qui veut placer son 
nom dans la même gloire où rayon- 
ncTit quelques rares Puissances, il ne 
s'agit pas seulement défaire face aux 



exigences matérielles et à la sécurité 
des frontières, il faut aussi lui forger 
une âme sublime qui, par sa foi reli- 
gieuse, ses qualités morales, son 
amour des arts et des lettres, son 
prestige politique, puisse tenir son 
rang dans le Sénat de l'humanité. 

Et quels sont les ouvriers, les arti- 
sans vigoureux et zélés qui trempent 
et forgent cette âme, sinon nos 
grands hommes qui ont su s'appro- 
cher de la Divinité plus que les au- 
tres hommes et de là, répandre les 
rayons de cette Divinité sur leurs frè- 
res. 

L'EDUCATION NATIONALE 

Ces magnifiques créatures d'éner- 
gie, les Georges Cartier, et pour ne 
citer que ses contemnorains, les Papi- 
neau, '.es John Macdonald, les La Fon- 
taine les Morin, les Caron, les Chau- 
veau, les Pascal Taché, continuent 
encore aujourd'hui leur oeuvre d'édu- 
cation et d'idéalisation nationales. Ce 
sont "nos morts qui parlent'. 

Un écrivain français, dans un ou- 
vrage célèbre, a rendu les peuples at- 
tentifs à ces mystérieuses et très 
réelles interventions... "Vous croyez 
voir les gestes, entendre les paroles 
des contemporains conscients ,et res- 
ponsables 'le ce qu'ils disent et font ? 
Détrompez-vous ; vous voyez, vous 
entendez sur la scène du monde des 
figurants.. . qui sont les échos d'autres 
voix. Regardez derrière eux la foule des 
morts qui poussent ces hommes, com- 
mandent leurs gestes et dictent leurs 
paroles. Nous croyons marcher sur la 
cendre inerte des morts. En réalité, 
ils nous enveloppent... ils sont dans 
nos os, dans notre sang, dans la pul- 
pe de notre cervelle; vt surtout, 
quand les grandes idées, les grandes 



P.\«U 5 



passions entrent en jeux, écoutez bien 
la^ VOIX, ce sont les morts qui par- 

C'est dans un coin de terre joli, fer- 
tile et vénérable, où les morts ont 
fen^^'pP^S^'^' ""« naquit Georges 

^„f«T ^^"^'""*' ^"t""* Chambly et 
Sorel, sur la rivière Richelieu, dans 
e comte de Verchères, tout près de 
a rencontre de Champlain ave^ les 

carrca-^illt '^ ^"='°*- '^ ^o"" 

c^rrQue'nrpo^^iermprt 

quelle fanfare guerrière! qSs îml 
ve'ni? .^"voi^'"r'""'^ ^* héToï^ues's"^: 
Iv^ sisVTl wi* campagne canadienne 
venT II i^^^^ proprets, ses prés sou- 
et Lia""*f'' '*' '^'"'"'•es monotones 
et mélancoliques. Voici la vieille mai 

peu monf '/''"' "" P«" f^od^e,"'ûn 
taiiere voici enfin les chevauchées 
bruyantes des invasions et les subli 
mes. sacrifices de la défense %u"sôî 

Le jeune Cartier subit l'influence 
de ces forces ambiantes et s?n Ime 
fu« J «contact l'équilibre, la me! 

p.!%r&"les"vX°"U^ 

^^es\^l^--"-^"^ 
LES DEBUT.S DE CARTIER 

il^rialrtr"?.' ^,^PPVl'-^^u'une foi, 
y,, .j"'^'^ 'ur le oheniin de l'avenm 

n;ti„'„".,°^r:^«';^;-.^od;;.„eZre 
d'adole^ent ,T^"" JH^I» i/On cœur 

paoi: 6 



li"u P"='".'-'".«"t '« vallée du Riche- 
d-, mir '■■,"■""'"' ''"bliquos sortaient 
d. s mo s a.le.s et troublant», des ap 

respect des droits populaires. le tout 
mole dos craintes d'oppression d'ah 
«orpt.on d'un ôlément par l'autre de 
persécution religieuse e't deT^annl: 

Beaucoup de jeunes eens devinrent 

ip^.s^rtier-ra^'.ii-^-- 

que . Et qui donc voudrait ne na^ 

L'AVOCAT ET LE POLITIQUE 

PoHliuT ^•"'«■.^«Ji en pleine carrière 
1°W 1'!!'', ""■ ''"*""•«"•■ do 1840 à 
iNlJ n est pour Cartinr qu'une période 

m" kl. ^"""'^ ;■","■"""'«■« d'elle-même, 
c^ .^an'ctra^r;.'"-"- ■^■'" '-^^P™„t 

Pondant ce tomp«. la nation ollo- 
m me^ malgré des tourmentes pol - 
ques assez vives, vivait on pa v et 
dans une aisance .,uo les vieux peu 
Plea pouvaient lui envier ^ 

( artior fut avocat, mais sans le fou 

orri„''î;:r'''p""-^'.""«|''"'-'în«it 

„. . '" .r'""ti.|U,.. et dans cotte nous- 

^^cation,'"'^'- ' ^™' -™"--- - 

Après avoir escarmouche on tirail- 

Wr indépendant, il ,.„,re fra'Jchoment 

toteuile en N5I. l'accepte ,.n IS.5.5 », 
"«quitte plus le pouvoir sau à d. 
très rares intarvalles. 



P.VGF 7 



TN MERVKll.T.EUX ■ DEBATER " 

Une fois au poste de combat, s'y 
sentant bien nccoiidé, cl soiitcnu par 
un tempérament heunux, il livre ba- 
taille avec un enthousiasme optimiste, 
que les plus rudes épreuves ne surert 
amais abattre : car, il ne semble pas 
(1U2 Sir Georges Etienne Cartier ait 
éprouvé ces sentiments de lassitu'de 
qui effleurèrent à diverses reprises 
l'âme de Sir John Macdonald. " Je 
ne suis pas de ceux, disait-il en 1856, 
qui voient tout en noir, je préfère les 
persjVîctives en.X)urapenn1es. -J'ai foi 
dans nos populations, dans nos res- 
sources, dans l'avenir. ' 

11 ne tut pas orateur dans le sens 
élevé du mot. (nioiQu'il eût du génie 
français la clarté, la précision et la 
puissance d'abstraction, mais il fut un 
merveilleux " debater ". toujours docu- 
ni'ntê. dominant les chiffres aussi bien 
que les areuments les plus captieux et 
leur faisant réponse par des ^ .coups 
droits, souvent laissés sans réplique, 
même par les froids calculateurs fiu'il 
avait devant lui comme adversaires. 
11 avait inscrit sur son blason -.^ 
"Franc et sans dol", c'était 'e résumé 
de sa méthode politique, de sa vie et 
des traditions de son illustra famille. 

L'OEUVRE DE CARTIER 

Vous ne vois attende-; Kns N'es- 
sieurs, à un eyposé de .sa lonprue car- 
rière parlementaire, je ne veux noter 
que quelques interventions principa- 
les, décisives, qui font honneur à 
l'homme d'Etat et vous permettront 
de répandre, avec plus d'enthousiasme, 
sur ce socle, des fleurs et de la recon- 
naissance. "Spargite flores, date li- 
'ia p'.eniâ manibiis." 

La première mesure est le règle- 



p.vr.F. s 



ment de la tcnure seigneuriale et ce 
ne fut pas une petite affaire de con- 
cilier les droits acquis des Seigneurs 
avec les prStentiona des censitaires. 
he compromirf accepté par les intéres- 
sés fut l'oeuvre de Cartier et l'on en 
a depuis reconnu la sagesse. 

La décentralisation judiciaire de- 
vait n n seulement rendre l'adminis- 
tration de la justice moins onéreuse, 
mais encore créer dans nos petites 
villes de véritables foyers de culture 
morale. Elle fut suivie de la codifi- 
cation des lois françaises et de la 
réforme de nos lois d'enregistrement 
des hypothèques. Cette adaptation 
du code français aux exigences de 
notre province fut un chef d'oeuvre et 
il est impossibe de ne pas louer l'es- 
prit et le doigté du '.égislateur. 

Mt^is la clairvoyance de l'homme 
d'Etat s'est surtout révélée dans les 
débats sur la forme constitutionnelle 
des provinces canadiennes. Cartier se 
déclara pour le régime fédératit et 

son action fut si prépondérante qu'on 
a pu l'appeler le "Père de '.a Confédé- 
ration". "Sans Cartier, a dit Sir Char- 
les Tupper, nous n'aurions pas eu de 
Confédération." 

L'UXITE NATIONALE 

En s'attachrnt de toute son âme à 
cette ferme organique, il était domi- 
né par une philosophie sociale très 
élevée. Ce que des efforts immédiats 
même gigantesques ne peuvent obte- 
nir, ne le rêalisera-t-on pas avec le 
concours des siècles et en échelonnant 
sagement les étapes ? L'unité natio- 
nale est une fin, une perfection ; al- 
lons-y à l'exemple des autres peu- 
ples, en obéissant comme eux, aux 
nnêmes lois d'évolution. Nous sommes 



PAGE 9 



une agglomération de toutes les ra- 
ces, de toutes les langues, de toutes 
les religions, commentons pe.r «ndi- 
guer, canaliser les instincts, les néces- 
sités, les vertus comme les vices; 
permettons à chaque race, à chaque 
poupement important de se prédscr, 
de se protéger et d'éviter les conflit 
Immédiate que rendraient inévitables 
d«s contfrts forcés et irop intimes. 
Il ff "t toute une saison pour mûrir 
un fruit, il faut des siècles pour mû- 
rir un peuple. 

Cartier a donc pressenti qu'une 
grande et ]eune nation comme la no- 
tre n'avait pas de pires ennuis que 
sa grandeur et sa jeunesse mêmes, et 
voilà pourquoi il a ordonné cette gran- 
■"eiir et mis en paternej'.e tutelle cette 
jeunesse. 

L'unité, forme épuiée de la psrfec- 
tion, se fera insensiblement par le 
travail des morts et des vivants et 
surtout par l'influence de la Religion 
...le» bassins de la Tamise, de la Sei- 
ni-, du Rhin, et du PO ne sont deve- 
nus qu'à la longue les plus magnifi- 
ques centres de culture intellectuelle, 
esthétique et religieuse. 

Plusieurs nations ont réa-iisé leur 
unité et cependant aucune ne peut sa 
g'.orifier d'appartenir à une race ho- 
m(»^ine; toutes ont passe- par le tour- 
billon des invasions qui mê'.ent et 
broient les éléments sociaux comme 
les vents d'automne mêlent les feuil- 
les de nos forêts. 

LA PHILOSOPHIE DE CARTIER 

D'ordinaire, cette unlfi ee décide 
par la pré-émlne' 'e d'une des races 
en concurrence, eel'.e qui a su se 
faire 'un tempérament d-s roi rt saisir 
le sceptre de la pens'e et de lac 
lion... Et là-dessus, il me semble voir 



PAGE 10 



Cartier ne pencher eur sa chère pro- 
vince dr Québec et sur toute cette 
incomparable vallée du Saint-Lau- 
i-ent, et lui dire : " FlUe aînée de la 
grande famille sois la Raine Fit re. 
Tu es de haute lignée et le monde 
entier honore ou envie ta Tacf le 
regarde ton front vt j'y voie la 
clarté sous le diadème de l'ordre; j'ou- 
vre la main et tu m'offres la loyauté 
avec l'épée de combat ; je aonde ton 
cœur et j'y trouve l'h^rolinne et \a, 
bonté." "Filia, prosptre, procède et 
régna." 

L'unité ne tue pas la variété, mais 
elle sème la paix et la concorde dam 
la variété... Un Gallois ressemble 
plus à un Breton de France nu'un 
Anglais à un montagnard de l'Ecos- 
se et cependant les mêmes fifres et 
■-9 mêmes cornemuses mirent le mê- 
me frisson héraïque dans toutes les 
troupes de Wellington. De mime un 
Flamand ne paraît rien avoir de 
commun avec un Provençsl. Mais 
faites entendre à ces mêmes hommes 
une simple romance de la "Doulce 
France", de la France, "tant jolie et 
tant aimée", et voici que leurs pau- 
pièies sa mouillent et que leurs 
cœurs se penchent sur la commune 
mère pour s'attendrir en famille. 

Jl n'v a pas (l'unité durable sans 
un lien divin, pénévrant jusque dans 
les consciences et nouant ensemble 
tous les cœurs. Et quel est ce lien 
qui, de milliers d'âmes, ne fat qu une 
âme ?— Je veux le proclamer bien 
haut BOUS l'irrésistible pression de 
ma conscience. Ce lien est unique, 
ce lien est éternel, et. cnmme tou! ce 
qui est étemel, il est descendu des 
cieux. Ce lien, c'est la Rel'gion qui 
par la Charité triomphe de toutes 
les haines engendrées par le conflit 
des intérêts. La reli-îion a une 
puissance d'union que vous cherche- 



PAGE 11 



riez en vain dans les moreles nou- 
velles que l'on met de temps es temps 
en adjudication dans l'ancien monde 
comme dans le nouveau, 

UN TRAIT D'HISTOIRE 

Voici un trait que j'ai lu, il y a peu 
de jours. 11 est dans les notes intimes 
d'un officier français: "Nous sommes 
au 8 septembre 1796, les troupes 
françaises Sont campées sur une des 
côtes du Danube, les troupes autri- 
chiennes de l'autre, et, parmi elles, 
un régiment de nos émigrés. C'est le 
matin. On célèbre au camp des émi- 
grés une mfsse militaire. Ce specta- 
cle attire l'attention des Sans Culot- 
tes. Un c.up de canon annonce l'élé- 
vation. Instinctivement un de ces 
Sans-Culottes s'agenouille, puis un 
second, puis dix, puis cent, et la béné- 
diction (lu prêtre descend à ia fois sur 
les têtes courbées des proscrits et îles 
prescripteurs, des blancs et des bleus, 
réconciliés pour une minute dans ce 
qui fut la religion de leurs pères." 

LA RELIGION ET L'ETAT 

Sir Georges-Etierne Cartier a tou- 
jours reconnu 1? puissance et la néces- 
sité de ce lien, et il a prévu qu'insen- 
siblement il enserrera d'abord une pro- 
vince, puis une seconde, puis cinq et 
enfin toute l'étendue de notre beau 
pays. "La relgion, a-t-il dit le 7 août 
août 1870, est Ja sauvegarde des peu- 
ples. Quelle reconnaissance la race ca- 
nadienne-française ne doit-ci. e pas à 
son clergé? Si elle a conservé sa na- 
tionalité, sa langue, ses institutions, à 
qui le doit-ella, sinon à, ce corps véné- 
rable?" 



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Ecoutez aussi cette profeislon de 
foi: "Je ems catholiuue et jamais 
cette Chamtfe ni >>ucun« autre Cbam- 
bre, ni aucun pouvoir sur la terre, ne 
me feront renoncer à ma (oi. Mes 
convictions religieuses sont inébran- 
lables et plusieurs me sauront gré de 
lei avoir défendues." 

1,A FOI DID CARTIER 

Dans une autre circonstance, il di- 
sait : 

■Je suis catholique, j aime ma re- 
ligion, la croyant la meilleure, mai* 
tout e« me disant hautement catholi- 
que, je crois de mon devoir comme 
homme puljic de respecter la Bincéri- 
té et les C(jnviction8 des autres. Je 
suis aussi Canadien-français, j'aime 
ma race, j'ai pour elle une prédilec- 
tion bien naturelle, assurément, 
mais... j'aime aussi Jes autres." 

Je m'arrête sur ce voeu gui>reme du 
grand bienfaiteur du Canad.'i; que ce 
vœu soit aussi ie nôtre. 

Ne nous engageons jamais dans des 
luttes fratricides; elles ne font pae 
seulement pleurer les mères, elles 
compromettent et souvent sacrifl'int 
la vie ou du moins la prospérité des 
nations. Les nations jeunes comme 
la nAtre doivent veiller sur les em- 
l'ortements d'un sang trop généreux 
et éviter les terrains où les lutte* 
intérieures .se produiraient fatale- 
ment. Pourciuol donc nous y heurte- 
en perpétuels conflits de race et de 
langue, ciuand nous possédons des 
forces surnaturelles pour les aplanlrT 
Pourquoi nou.=: laisser fasciner et aveu- 
gler par ce qui nous sépare, quand 
nous pourrions fair)» reurrc de pro- 
grès en cultivant les merveilleux élé- 
ments d'union ? 



PAGR 13 



LE DEVOUEMENT DU PATRIOTE 

Chaque race a refu de Dieu, ou con- 
densé par le travail de pluiieuri siè- 
cles, dans son coeur et dans ion ei- 
prit, un certain nombre de vertus qui 
sont ses vertus nationales. Groupons 
ces vertus en un magnifique faisceau, 
laissons-les se compénétrer. se forti- 
fier mutuellement, et nous aurons 
ai:isi un trésor commun, comme l'ex- 
quise fleur des génies de toutes les 
races. 

Sir Georges-EUenne Cartier a don- 
né sa vie pour l'accomplissement de ce 
voeu. "Qaund à mol, disait-il peu th 
temps avant sa mort j'ai depuis long- 
temps renoncé au repos. Homme pu- 
blic. Je fournirai ma carrière jus- 
qu'au dernier souffle de mon exis- 
tence." 

Ce n'est donc pas seulement sur les 
champs de bataille que l'on cueille 
les roses du martyre pour les offrir 
à ]a grande patrie; chacun peut trou- 
ver son arène; Cartier est tombé en 
montant la garde près de la gloire et 
de la grandeur de .son pays — Et voilà 
pourquoi je veux égrener avec vous 
tous, sur le monument de sa propre 
gloire, oe petit rosaire du poète: 

"Ceux qui, pieusement, sont morts 

pour la patrie, 
•Ont droit qu'à leur cercueil la foule 

vienne et prie; 
"Entre les plus beaux noms leur nom 

est le plus beau. 
'Toute gloire près d'eux passe et tom- 
be éphémère; 
"Et comme ferait une mère 
"La voi:; d'un peuple entier les berct 
en leur tombeau." 



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